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Pérou - Cusco


de Tupac Amaru et Manco Capac, 11-02-2006

CHOQUERIRAU, notre Machu Picchu a nous !


Depuis qu'un canadien croise au Laos nous l'avait vente comme une bonne alternative au Machu Picchu onereux et touristique, on s'etait mis a en rever. Le depart s'effectue sans mulet, ce qui fera taire ceux qui pretendent encore que nous voyageons en Limousine. Autant vous dire qu'on a souffert par moment mais les decors traverses pendant quatre jours en valaient la peine.

Le premier jour un long denivelle de 1200 metres nous permet d'atteindre le Rio Apurimac. Nous aurions pu camper la mais Ben, bien chaud, a su trouver les mots pour convaincre Laurent de rejoindre le campement de Santa Rosa. La pente est raide, les mollets et les cuisses sifflent, on entend encore Laurent maudire Ben. Mais la biere et la Chicha offertes a l'arrivee par des ouvriers du campement nous ferons oublier tous nous maux. Julian, dont la famille est maitresse des lieux depuis plus de cent ans, nous propose de profiter d'un petit refuge qui nous offre la protection de son toit de chaume et le confort de sa terre battue. Nous ne tarderons pas a tomber dans les bras de Morphee.

Malgre un reveil matinal, nous attendons deux heures que la pluie cesse. Nous reprenons notre ascension vers les ruines. Des zig-zags, des cotes aux pourcentages a deux chiffres. Puis la recompense de la citadelle qui s'offre pour la premiere fois a nos yeux. Une pause repas bien meritee, composee d'un menu concocte par notre chef et que nous savourerons pendant trois jours. Fromage aux 1000 saveurs, pain du berger, salade du soleil (avocat, tomate, concombre) et chocolat sans sucre, vite abandonne. Le tout arrose d'une eau de source directement prelevee au ruisseau. Et nous qui pensions utiliser enfin la pompe offerte par des berruyers bien attentionnes...

La citadelle Inca est un vrai bijoux. La place administrative, la place publique, les terres agricoles, le belvedere. Cette construction, jamais decouverte par les colons espagnols, est perchee sur une crete a plus de 3000 metres d'altitude. Cerise sur le gateau : mis a part le jardinier, nous etions seuls sur le site. Et dire que seulement 30 pourcent du site ont ete decouverts ! Le rendez-vous dans trente ans est deja pris.

Le record de la veille fut battu, a 19h30 nous etions sous la tente, au chaud dans nos duvets. Le matin nous nous reveillons avec la volonte de rejoindre le village de Huanipaca d'une traite. Apres une longue descente escarpee jusqu'au fleuve, le decor change radicalement. Le parcours est champetre mais le soleil de plomb et quelques pentes bien raides nous font rapidement recracher la fleur que nous avions coincee dans un coin de la bouche... Alors que nous pensions etre perdus dans un brouillard complet, nous arrivons au village a la nuit tombante apres dix heures de marche. Faute de collectivo nous nous resignons a dormir sur place et partons a la recherche d'un poulet et d'une biere tant desires dans la journee.

On ne pouvait pas imaginer en entrant dans cette taverne, qui sert de cantine au menu unique a tous le village (ah ! ce poulet pane accompagne de frites, spaghettis et salades...), finir dans la cuisine a chanter en quechua. Qu'il faisait bon se serrer autour du four en terre, berces par les chants d'Alberto (juge de paix du village et taxi a ses heures perdues) , le pichet de tequila a la main, le rire d'Edvan et compagnie dans les oreilles. Nica, la mamie cuisiniere, nous laissera finir la soiree - et les litres de tequila  - jusqu'a une heure poussee de la nuit. Son petit dejeuner a base de mais grille, de fromage frais et de nescafe, nous aidera a nous requinquer. Nous en aurons besoin pour apprecier le confort du camion du pere d´Edvan qui nous ramenera a Abancay. Trois heures trente de virages, sous le vent et la pluie en compagnie de la vache Margo et de Tonnerre le cheval. Tres bon mais fatiguant !

Vous l'aurez compris, quatre jours excellents du debut a la fin.  Seul bemol, on a appris trop tard la possibilite de poursuivre en 8 jours (et avec un peu plus d'organisation) jusqu'au Machu Picchu. Ce sera pour la prochaine fois.

On vous embrasse.

NB : au fait, nous sommes a Cusco, nombril du monde. Arrives jeudi soir, la beaute de la descente sur la ville eclairee nous fit oublier un sac dans le taxi. Dix secondes d'inattention, dix secondes de trop, le taxi etait deja loin. Bilan de notre premiere mesaventure en trois mois : l'appareil photo de Ben perdu, tout ses papiers egalement. Ces derniers seront restitues par le chauffeur de taxi le lendemain, mais pas l'appareil ni l'equivalent de 200 euros... Ben s'est mis a la flute de pan et Laurent, coiffe d'un bonnet peruvien, a repris ses galipettes. Desoles Marine pour ton anniversaire, on officie deja le 18 sur le marche de Puno sur les bords du Lac Titicaca.


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