
Ethiopia, 13 months of sunshie nous rabache une campagne promotionelle...on a dû tomber le quatorzième mois...Naïvement on se voyait déjà randonner sur les hauts plateaux du nord du pays. Mais le temps a vite eu raison de nos projets. Déjà sur la route depuis l’extrême nord (la ville d’Axum), une route perchée à 4000 mètres d’altitude, longue, sinueuse, superbe, vertigineuse, les pluies diluviennes et la foudre tombant à quelques mètres du bus (le son arrivant avant la lumière) nous avaient fait déchanter. L’arrivée dans le brouillard, point de départ des marches, nous confirme notre sale impression. On oublie donc les Simiens Montains, tant pis pour les cinq jours de marche, tant pis pour les décors parait-il superbes, tant pis pour le monton à la braise...
On poursuit notre redescente du pays, avec deux arrêts rapides. Le premier à Gondart, ville historique, où on a pu avoir un aperçu de ce qu’auraient pu être les marches en altitude : des regrets pour les paysages entrevus ; mais pas de regrets du tout en raison d’une pluie ininterrompue, pénétrante, virant rapidement à l’orage. Second arrêt à Bahar-Dar, ville à la réputation bien trop élogieuse. Peu de choses à en retenir, si ce n’est deux belles ballades en vélo pour échapper aux sollicitations incessantes et aux regards pesants.
Pour changer radicalement, rien de tel qu’une traversée d’ouest en est. Bahar Dar-Harar c’est plusieurs centaines de kilomètres et surtout trois journées de route, et les innombrables péripéties qui vont avec. Le bus se prend très tôt le matin, vers 5h, dans un climat tendu de bousculades et d'altercations. On n’est jamais sûr d’avoir une place, de l’heure de départ ni d’arriver à destination. Et on n’a toujours pas bien compris le mode d’emploi. Si bien que le deuxième jour (après avoir attendu de 5h à 6h l’ouverture de la station routière), on a dû se rabattre sur une séance de stop, faute d’avoir réservé nos places - mais depuis quand faut-il réserver la veille... ? C’est donc parti pour un trajet en pick-up puis camion de transport de céréales pour une descente grandiose dans la vallée du Nil puis une remontée épique sur une piste défoncée, des camions gisants dans le ravin. La route asphaltée doit ensuite être partagée avec le bétail au comportement pour le moins imprévisible et avec la foule marchant en permanence au bord de la chaussée. Les douze heure de route du lendemain nous paraissent presque une promenade de santé.
Harar, un rayon de soleil après la décéption de la semaine précédente, tres proche mais si loin des innondations qui ont fait des centaines de morts et des milliers de déplacés dans cette région frontalière de la Somalie et de Djibouti. Au contraire, le soleil de retour permet d’illuminer les rues de la ville et les vallées l’entourant. Harar, une ville où tout respire la tanquillité, où on déambule dans les ruelles étroites et escarpées de la vieille ville, où l’on croise des hyènes en pleine nuit, où ces mêmes nuits sont bien animées. Une ville aussi où toute activité s’arrête en début d’après-midi, pendant les grosses chaleurs, pour se consacrer à la cérémonie du khat, pendant laquelle on mâche les feuilles de khat, en les conservant en boule dans un coin de la bouche, ce qui, consommé en grande quantité, provoque des effets stimulants. Denis pourra vous expliquer.
Après cette belle étape, retour à Addis. Marianne et Denis sont déjà sur Paris, et nous nous venons d'arriver à Awasa, à quelques heures au sud de la capitale.
PS : par un beau dimanche ensoleillé, on s’est de nouveau rendus au stade de foot. Autre contexte, un match qualificatif pour la Coupe d’Afrique des Nations 2008, entre l’Ethiopie et la Lybie. Pas de Bernard Lama, donc, ni de fils Khadafi, mais une victoire des locaux et surtout une très belle ambiance.
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