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Argentine - Buenos Aires


de Ducasse et Jean-Pierre Coffe (on va parler bouffe), 31-03-2006

Torres del Paine ou tour de la peine (jeu de mot emprunté à Loli, désolés) et autres merveilles


Magique, magnifique, splendide, somptueux, extraordinaire,...on a l’impression d’abuser de qualificatifs à chaque article. Dur exercice auquel nous allons nous prêter que d’essayer de vous retranscrire notre passage en Patagonie sans abuser de nouveau de superlatifs.

Ah la Patagonie !...Nous en sommes bien éloignés déjà mais nos mémoires et nos mollets se souviennent encore de cette dizaine de jours dans l’extrême sud du continent.

Côté chilien, le Parc Torres del Paine fut... fantastique (la foire aux superlatifs est lancée). Quatre jours de marche dans une réserve naturelle et protégée, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco. Plutôt que le tour complet de 7-8 jours, nous optons pour un circuit en « W » sur lequel se concentre la majorité des sites. Les journées sont bien remplies, en moyenne 8 heures de marche. Le soir, la soupe, le plat de pâtes et la brique de vin rouge nous réconfortent. Résultat : à 9h00 on dors déjà sous la tente qui résiste tant bien que mal aux rafales de vent. Sur notre itinéraire, nous profitons de décor choisis parmi ce que la nature a de plus beau. Les montagnes enneigées et les pointes rocheuses des trois Torres le premier jour. Splendide (et de deux). Lacs de couleur turquoise, forêts denses, massifs épineux le second jour sur un parcours tranquille et moins exigeant que la veille. Le troisième jour est éprouvant, la faute à un climat hostile (neige et rafales de vent) et au Mirador Britanico introuvable (l’anglais est fourbe diront certains) dans un interminable pierrier. Arrivés tardivement à un campement intermédiaire, nous renoncerons aux trois dernières heures de marche qui devaient nous mener jusqu’au glacier Grey. Nous le rejoindrons paisiblement le lendemain, délestés des sacs laissés au camping (détail important pour nos faibles organismes). Cet aller-retour nous condamne à boucler le tour par la traversée d’un lac en bâteau. Arrivés tardivement à Puerto Natales, nous renonçons à la tartiflette (un fromage local aurait facilement remplacé le reblochon), pourtant espérée et cuisinée pendant quatre jours dans nos esprits, pour se rabattre sur des pizzas.

Sans prendre le temps de se reposer, nous repartons dès l’aube pour franchir définitivement la frontière argentine. Avant de rejoindre la ville de El Calafate, nous faisons un détour par le gigantesque glacier Perito Moreno. Celui-ci, en plus d’être splendide, a la particularité d’être en mouvement permanent. Si bien que deux heures durant, nous avons admiré le site tout en restant à l’affût des fréquentes chutes de glace. Vous ne verrez rien de la chute la plus spectaculaire d’un énorme bloc, Laurent ayant encore du travail avant d’intégrer le National Geographic. Croyez-nous c’était impressionnant.

Pas le temps de flanner dans El Calafate, nous repartons le lendemain pour El Chalten, petit village planté au bout d’interminables steppes, au pied d’un massif montagneux que domine le mont Fitz Roy. Crée il y a une vingtaine d’années, le village, qui ne compte que quelques centaines d’habitants, se destine essentiellement au tourisme et au départ des expéditions andines. Rebelote, nous louons de nouveau tente et camping-gaz pour une petite excursion de deux jours sur un parcours en pente douce, autant dire une formalité pour nous et Loli qui avait entre-temps bien mérité son étoile de marcheuse. Seule la dernière heure de marche est plus ardue mais elle nous permet d’accéder à un point de vue panoramique sur le Fitz Roy et les sommets alentours, ainsi que sur les lacs et glaciers au pied du massif. Visionnez la vidéo, on vous laisse le choix des adjectifs. Le soir, nous changeons un peu nos habitudes : le vin rouge est en bouteille et accompagné de cacaouettes et de saucisson. Le lendemain nous guettons vainement pumas et huemules sur le chemin du retour qui place astucieusement sur notre route un glacier à l’heure du pic-nic. De retour à El Calafate, ces efforts furent un prétexte pour dévorer de l’agneau braisé, spécialité locale, que Ben attendait désespérement.

Nous nous apprêtions à subir 44 heures de bus pour rejoindre Buenos Aires, avec  une escale à Puerto Madryn et ses plages peuplées de pingouins, mais une bonne intuition (et en aucun cas un signe d’embourgeoisement) nous fit prendre pour le même prix que le bus, un avion vers la capitale (via un transit à Ushuaïa dont nous ne verrons rien).

Trois adjectifs qualificatifs, on ne pouvait faire moins. Nous nous remettons de ce séjour patagonieste en profitant des charmes de Buenos Aires, pour une bonne semaine au moins.

 On vous embrasse.


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