
Vous nous imaginiez en Argentine ? Nous sommes en Uruguay. On aime bien brouiller les pistes. Nous même ne l'imaginions pas il y a quelques jours, ayant l'intention de se rendre dans le nord de l’Argentine. Mais cette région est actuellement touchée par les inondations. Après dix jours á Buenos Aires, l’Uruguay, à trois heures de bâteau, s’est présenté comme une bonne alternative. On part le nez au vent, sans trop savoir où on va. L’occasion est bonne pour un retour sur les dix jours passés dans la capitale argentine. Buenos Aires et le désert argentin. De part sa population, majoritairement constituée de descendants d’immigrés européens, de part son architecture et le tracé de ses rues, larges et ordonnées, la ville a des allures de ville européenne. En cela la capitale se distingue des villes sud-américaines que nous avons pu traverser. Elle regroupe environ douze millions d’habitants, soit un tiers de la population totale du pays. Elle concentre les centres administratifs, politiques et économiques ; la haute activité commerciale, la floraison des boutiques de mode et de haute couture, le dynamisme culturel et artistique feraient oublier que le pays a connu une crise économique il y a quelques années. Pourtant la ville connait ses laisser pour compte. La nuit tombante, les rues se remplissent de « cartoneros », hommes et femmes -souvent très jeunes- qui parcourent la ville à la recherche de cartons et autre déchets pour les ramener dans leurs quartiers de misère. La ville a aussi ses immigrés (boliviens et péruviens pour la majorité) qui travaillent dans les ateliers clandestins. En dix jours nous avons eu le temps de vivre cette ville, de la découvrir, la sentir, l’aimer. On referme donc la parenthèse guide du routard pour évoquer quelques impressions retenues. La Boca, un des quartiers du centre de la ville. Ses rues colorées, son caminito très (trop) touristique, les zones plus périphériques où les policiers s’obstinent à nous déconseiller de pénétrer. On a aimé flâner dans le port, à l’activité marchande au ralenti, où gisent des carcasses rouillées de bâteaux ; savourer les empañadas et les pastas au pesto de Luis et son épouse ; se perdre dans les petites rues au maisons en tôle colorée. On a aimé enfin le stade de la Bombonera. Ce blog prenant parfois (souvent, trop souvent au goût de certains) des allures de forum de footeux, nous allons y apporter notre contribution. Jeunes et moins jeunes, hommes et femmes vibrent pour Boca Junior, le club et l’âme du quartier. Les couleurs jaune et bleu son omniprésentes. Les grands noms de ce club se nomment Bianchi ou encore Maradona, Riquelme ou Tevez pour les gloires récentes. Le stade est incrusté dans le quartier, on ne peut l’éviter. Les abords du stade sont calmes mais dès que le match débute l’ambiance devient bouillante, les supporters ne s’arrêtent de chanter à la gloire du club que pour insulter l’arbitre ou le joueur adverse. Et quand le déroulement du match permet à l’équipe locale, qui finit le match à 9 contre 11, de marquer le but de la victoire à l’ultime minute, on se laisse prendre par l’hystérie collective. Refermons la page foot. Durant une semaine nous avons logé chez Mariano, ancien collocataire de Charlotte (Charlotte, celle qui recoit encore des lettres de menaces du fan club de Joris). Mariano et ses potes Charly et Renzo nous ont fait se sentir porteños (habitants de Bs As). Et pour être un vrai porteños il faut vivre tard. Diner vers 23 h, sortir vers 2h00, la nuit ne s’animant que vers 4h00 pour finir alors que le jour est déjà apparu. Il y en a pour tous les goûts : improvisations musicales où la guitare est reine, bars-tango dans une ambiance nostalgique et sensuelle, bars et disco plus classiques dans le quartier Palermo. Il y a aussi des soirées crèpes mais ce fut un fiasco, heureusement Mariano, qui fêtait son anniversaire, n’avait pas tout misé sur le savoir-faire francais. On a aussi aimé, en vrac : les quartiers San Telmo, Recolleta ou Palermo ; les empañadas ; les fresques murales parsemées dans la ville ; le dimanche ensoleillé au bord du fleuve dans la ville de Tigre ; l’accent si particulier des argentins ; le dulche de leche, crème caramélisée, sorte de nutella local ; les retrouvailles avec plusieurs personnes croisées en Bolivie ; les grillades, encore et toujours. Benjamin a trouvé un coiffeur, Laurent résiste aux menaces, moqueries, pétitions. Il regrette de ne pas avoir été compris mais, pas insensible aux trois millions de personnes dans les rues de France, promet de savoir en tirer les lecons. Nous reviendrons à Buenos Aires, une fois la parenthèse uruguayenne fermée avant de partir vers le nord si les pluies cessent. D'ici là, on vous embrasse. PS : l’idée a fait son chemin dans nos esprits, a mûri, pour enfin se concrétiser malgré quelques obstacles de dernière minute en la personne de quelques interlocuteurs peu coopératifs. Mais ca y est, on a modifié légèrement notre programme. Nous ne partirons pas du Brésil le 20 mai mais finalement le 12 juillet, ce qui nous contraindra á suivre toute la coupe du monde depuis le Brésil...Et puisque les envies de voyages semblent venir à certains d’entre vous, voici notre programme : - de début mai au 12 juillet : Brésil - 13 juillet/10 aout : Tanzanie, - 11 aout/11 septembre : Ethiopie, - 12 septembre : départ pour l’Afrique de l’ouest.
|