
Tamanghasset-Ghardaia, c'est 1350 kilomètres d'une route grandiose. Grandiose par cette succession de dunes et de roches, où viennent parfois s'intercaler un maquis d'arbustres, un canyon, une palmeraie, une chaine de petits monts de forme conique, ou encore un champ de blé. Seul le tronçon entre In Salah et El Menia peut paraitre un peu monotone, interminable "no man's land" où l'on croise tout de même des bases militaires en préfabriqués et des exploitations pétrolières. In Salah ne correspond pas exactement à l'image que l'on se fait d'un oasis. La première vision est celle d'une zone d'activité où les compagnies pétrolières ont installé garages et bureaux. L'entrée dans le coeur de la ville ne vient pas contredire cette étrange impression : des rues vides abandonnées au vent et au sable. Il me faudra insister encore un peu pour trouver, autour de la place du marché, terrasses ouvertes et activité humaine. Un peu plus tard encore, de l'autre côté de la ville, je trouve enfin ce que je cherche, des dunes. Pas des dunes magnifiques de cartes postales, les plus proches sont jonchées de détritus échappés de la ville. Mais je peux y surplomber la ville et profiter de la quiétude de la fin de journée. La faible activité s'éteint rapidement, et il est difficile à la nuit tombée de trouver un lieu où manger. Mais ici comme lors des étapes suivantes, une rencontre -simple, courte mais chaleureuse- va égailler la soirée. Le lendemain, les vents forts soulèvent des nuages de sables qui plongent la ville dans la grisaille. Il est temps de partir. El Menia, 400 kilomètres plus au nord. Un vrai et bel oasis, comme imaginé. A première vue, la ville est ensevelie sous les palmiers. Ce que confirment les premiers pas dans les rues aux façades claires. Malheureusement, le Grand Erg Occidental et ses immenses pentes ensablées est plus éloigné qu'il n'en donne l'impression. Comme lot de consolation, la vue depuis le vieux Ksar, fort datant du onzième siècle, offre un beau panorama sur l'oasis et ses environs. Je passerai là la soirée anniversaire du départ. Au menu, poulet-pois chiches, arrosé à l'eau plate. Et comme l'auberge ferme ses portes à 20h, les festivités sont écourtées... Ghardaia. On arrive à l'extrémité nord du Sahara, dans une région d'intense activité pétrolière. La ville, construite et habitée en majorité par les mozabites, vit d'une forte activité commerciale et du tourisme qui se développe de nouveau depuis quelques années. Palmeraies, maisons de formes cubiques construites sur les flancs de la cuvette où est construite la ville, minarets qui dépassent au-dessus des toits-terrasses, font le charme du lieu. J'arrive demain à Alger. Il parait que trois journaleux en mal de vacances viennent m'y rejoindre mais il reste des inconnues. Joris réussira-t-il à ne pas rater son avion et à être au rendez-vous sur le port d'Alger pour un petit pastaga ? Tim, après avoir pris un visa à partir du 12 pour un départ le 11 arrivera-t-il à destination dimanche ? Pierre se mettra-t-il lui aussi des bâtons dans les roues avant de nous rejoindre lundi ? ... |